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Le mystère du pipi rose

D 16 août 2005     H 13:29     C 0 messages


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Beaucoup de marathoniens connaissent bien le phénomène du "pipi rose" à la fin d’une course. Rien de très grave... Mais il ne faudrait pas qu’il vire au rouge.


Dans les années 20 déjà, on avait constaté la présence suspecte de cellules sanguines dans les urines de sportifs épuisés. Avec la multiplication des disciplines d’ultra-endurance au début des années 80, le phénomène s’est amplifié. Cette légère coloration reflète une dégradation de l’hémoglobine concomitante à une présence importante de protéines dans les urines. Le phénomène touche entre 25 et 33 % des coureurs et un délai de trois jours suffit généralement à sa disparition.

Quand l’urine révèle ses secrets

Pour comprendre ce phénomène, il faut se rappeler que l’urine est sécrétée par les reins. Situés dans le bas du dos, ces organes en forme de haricot, détournent à eux seuls entre 20 à 25 % du débit sanguin. A chaque passage, les reins purifient environ 20 % de la quantité de sang nécessaire à leur propre irrigation. Tout se passe au niveau des "néphrons", c’est-à-dire du million de petites unités physiologiques qui composent le rein. Au sein de ces néphrons, des artères microscopiques viennent au contact d’une membrane poreuse qui laisse passer certaines substances et en retient d’autres dans ses mailles.

Bien que de taille microscopique (7 nanomètres de diamètre), ces artères permettent le passage de l’eau, de l’urée et des sels minéraux qui se retrouvent dans le tubule où se forme l’urine. Bien entendu, ce filtrage n’est pas tout à fait rigoureux. Certaines grosses molécules, comme l’albumine, trouvent tout de même l’occasion de disparaître dans l’urine. On comprend donc l’intérêt qu’ont toujours manifesté les médecins pour la consistance, la couleur, l’odeur et parfois le goût des urines de leurs patients.

Des sportifs anémiés

Le problème de la course à pied, mais aussi des sports de combat comme le karaté, provient de ce qu’une partie des globules rouges se déchire sous la violence des chocs ou la répétition des microtraumatismes. L’hémoglobine se répand alors dans le sang avant d’être évacuée par les urines, une action connue sous le nom d’hémoglobinurie.

Ce n’est pas grave, mais il faut éviter d’en faire une habitude pour ne pas favoriser une fuite trop importante de fer et souffrir plus tard d’anémie. Les coureurs à pied s’efforceront donc d’éviter d’accumuler les kilomètres sur les sols durs et utiliseront des chaussures avec de bonnes capacités d’amortissement. Ils compenseront aussi par une alimentation riche en fer : viande rouge, boudin noir, poisson, etc...

Rouge danger

Une teinte franchement rouge des urines doit quant à elle être prise beaucoup plus au sérieux. Celle-ci peut traduire, en effet, la présence non plus seulement d’hémoglobine, mais de globules rouges entiers. Cette "hématurie" peut être la conséquence d’un problème de vessie indépendant de la pratique sportive, tel que des infections ou des tumeurs de l’appareil urinaire.

Des urines rouges ont déjà permis de détecter précocement des cas de cancer de la vessie chez d’anciens fumeurs venus tardivement au jogging. Si le symptôme persiste plus de deux jours ou si la coloration des urines devient importante à tel point qu’on a parfois l’impression de "pisser du sang", on consultera sans hésiter un spécialiste.


Voir en ligne : E-Santé

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