Chpts de France à Albi : Les résultats de la 2ème journée

Chpts de France à Albi : Les résultats de la 2ème journée

par Marathons.fr

Au terme d’un concours haletant, la championne du monde en salle 2025 du saut à la perche Marie-Julie Bonnin a décroché in extremis samedi son billet pour les Championnats d’Europe d’athlétisme à Birmingham (10-16 août), en remportant les Championnats de France à Albi avec 4,60 mètres.

"C’est un sacré soulagement, ça fait tellement du bien, ça arrive au meilleur moment pour les Championnats de France", a apprécié l’athlète de 24 ans après le concours. "Je crois que j’ai eu besoin de toutes ces claques, de tous ces meetings ratés".

Le début d’été n’a pas été simple pour la détentrice du record de France (4,76 m), qui a quitté Bordeaux au printemps pour rejoindre le groupe de l’entraîneur Damien Inocencio à Clermont-Ferrand, avec qui elle a effectué de nombreux changements techniques.

"On teste plein de choses. Il y a beaucoup de nouveaux repères, beaucoup de nouvelles informations à prendre en compte", expliquait-elle à Paris fin juin. "J’ai toujours un peu bourriné en arrivant très vite sur le butoir et là on désapprend tout ça. On essaie d’avoir une approche plus calme, plus douce aussi".

Mais les choses ont mis un peu plus de temps que prévu à se mettre en place et Marie-Julie Bonnin est arrivée dos au mur dans le Tarn, en sachant qu’elle devait sauter au minimum 4,60 m samedi pour espérer aller à Birmingham.

Pas aidée par la pluie et un vent tournant, Bonnin a vécu un concours peu linéaire, avec deux essais pour franchir 4,45 m puis trois tentatives pour effacer 4,55 m, avant de réussir 4,60 m au premier essai.

Derrière elle, son ancienne partenaire d’entraînement Margot Chevrier s’offre la deuxième place avec 4,55 m, sa meilleure performance depuis sa grave blessure en mars 2024, une fracture ouverte à la cheville gauche en plein concours des Mondiaux en salle à Glasgow.

"J’ai gagné contre la vie, je crois", a soufflé Chevrier en zone mixte. "Si je regarde ce que j’ai fait cette saison, ce que j’ai fait depuis deux ans, je suis fière de moi, et ça n’arrive pas si souvent".

Chevrier, qui a un record personnel à 4,71 m, avait dû tirer un trait sur les JO 2024 et avait repris la compétition en 2025, avec des performances loin de son meilleur niveau, en sachant qu’elle ne se remettrait jamais totalement de cette blessure.

"Un médecin peut te dire que tu ne marcheras peut-être plus jamais, que tu ne pourras plus jamais courir, et elle, elle fait du sport de haut niveau, de très très haut niveau même", a souligné Bonnin. "Elle a déjoué tous les plans. Elle ne peut qu’être trop fière d’elle".

La deuxième soirée des Championnats de France a également été marquée par les titres sur 100 m de Théo Schaub (10"38) et de Gemima Joseph (11"26), même si leurs chronos ne devraient pas leur permettre de prétendre à une sélection pour l’Euro.

A l’inverse, Alexis Miellet a effacé quelques doutes en s’imposant avec la manière sur le 3000 m steeple (8’24"64). Le Dijonnais, récemment devenu papa et qui n’avait couru qu’une seule course cette saison, semble en forme pour défendre son titre européen le mois prochain.

Agathe Guillemot, qui vise aussi une médaille européenne à Birmingham, a réussi à récupérer sa couronne nationale sur 1500 m au terme d’une course tactique remportée en 4 min 23 sec 05.

Sur 800 m, l’espoir Louey Ouerrat a réussi un gros coup samedi en décrochant le titre de champion de France (1’44"91) qui devrait lui garantir une sélection pour les Championnats d’Europe dans l’une des disciplines les plus denses de l’athlétisme français.

Erwan Konate (8,09 m à la longueur) et Solène Gicquel (1,92 m à la hauteur) ont eux aussi profité des Championnats de France pour réaliser les minima pour l’Euro.

En devenant championne de France du 400 m avec un chrono solide de 50 sec 58 samedi à Albi, Isabelle Black continue d’écrire l’histoire familiale sur le tour de piste et bénéficie du soutien de la légendaire Marie-José Pérec, l’une des meilleures amies de sa mère.

La sprinteuse de 26 ans a été sacrée championne de France au terme d’une course qu’elle a menée de bout en bout dans le Tarn, domptant la pluie et le vent. Elle avait impressionné dès les séries vendredi en coupant la ligne en 50 sec 47, un nouveau record des championnats qui fait d’elle la troisième performeuse française de l’histoire derrière les 48 sec 25 de Pérec en (1996) et les 50 sec 43 d’Amandine Brossier (2024).

Mais le lien entre la légende française de l’athlétisme et Isabelle Black ne se limite pas aux bilans nationaux : "Pérec dit souvent que c’est grâce à elle que j’existe. Parce que si elle n’avait pas été là, mes parents ne se seraient pas rencontrés !", a raconté Black en zone mixte.

Isabelle Black est en effet la fille de Roger Black, le Britannique vice champion olympique du tour de piste en 1996, et d’Elsa Devassoigne, finaliste olympique cette même année avec le relais 4x400 m français, aux côtés de Pérec (8ème).

"C’est une très bonne copine de ma maman. Et il y a une vraie affinité entre nous, on s’appelle, on s’envoie des messages, on ne parle pas que du 400, ça va vraiment au-delà du sport... Après la Ligue de Diamant de Paris, je suis allée la voir avant même d’appeler ma maman !", souligne Isabelle Black.

L’athlète franco-britannique, qui avait décroché sa première sélection en équipe de France pour les Mondiaux 2025 à Tokyo ("Je suis très fière de toi", avait alors commenté Pérec sur Instagram) est montée en puissance cette année.

Alors qu’elle a quitté Montpellier en début d’année pour s’installer à Londres et rejoindre Tony Lester, coach britannique réputé qui a notamment entraîné son père Roger, Isabelle Black est devenue en mars championne de France en salle du 200 m (23"30) et avait été très convaincante lors des relais mondiaux au printemps.

Elle avait ensuite débuté son été en abaissant à plusieurs reprises son record jusqu’à claqué 50 sec 47 vendredi.

"Je m’attendais à faire moins de 51 sec mais pas à faire ce chrono-là", expliquait-elle vendredi.

"Je m’accroche vraiment à mes rêves, je travaille dur à l’entraînement et ça paye", avait-elle ajouté.

Vu ses performances, Isabelle Black est sélectionnable pour les championnats d’Europe à Birmingham (10-16 août), où elle pourrait participer au 400 m, sa première sélection individuelle, et aux relais 4x400 m (femmes et mixte).

La concurrence s’annonce toutefois féroce : avec son nouveau record, Black pointe à la 12ème place des bilans européens de l’année.

Hilary Kpatcha a remporté ce vendredi à Albi un quatrième titre de championne de France du saut en longueur avec un bond à 6,98 m.

Longtemps devancée par l’impressionnante Yanis David, revenue au plus haut niveau après des années difficiles, Hilary Kpatcha a réussi à arracher un quatrième titre de championne de France du saut en longueur vendredi à Albi grâce à un bond à 6,98 m. Kpatcha, deuxième meilleure Française de l’histoire avec un record à 7,02 m juste derrière les 7,05 m de Eunice Barber (2003), a réussi le bond de la victoire à son cinquième et avant-dernier essai, alors qu’elle était menée depuis le début du concours.

Avec 6,98 m, Kpatcha bat le record des championnats et réalise le deuxième meilleur saut de sa carrière pour décrocher un quatrième titre de championne de France après 2019, 2024 et 2025.

« Ça fait du bien parce que ça montre aussi une forme de régularité, j’ai sauté 7,02 m l’année dernière, maintenant c’est 6,98 m... les choses se construisent petit à petit », a expliqué Kpatcha en zone mixte. Elle devance Yanis David, ancienne grande espoir de la discipline qui a longtemps mené le concours avec un bond à 6,86 m. David, championne du monde U20 en 2016, bat de deux centimètres son record qui datait de 2019.

« Je n’ai jamais perdu espoir, j’ai eu des blessures, j’ai eu une fracture de fatigue au dos, je me suis fait la cheville l’année dernière. C’est vrai que ça a été dur, mais je n’ai pas abandonné », a souri l’athlète guadeloupéenne, qui réalise les minima A pour les championnats d’Europe à Birmingham (10-16 août), qui devraient constituer sa première sélection depuis l’Euro de Munich en 2022.

Rogilia Bissemo, troisième vendredi avec 6,72 m, est également qualifiable pour le rendez-vous européen.

Source : AFP
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