Kevin Ociepka bat le record du monde du marathon en burpees

Kevin Ociepka bat le record du monde du marathon en burpees

par Marathons.fr

Le 8 septembre 2026, l’Allemand Kevin Ociepka, 31 ans, a achevé à Baunatal, en Allemagne, un défi particulièrement hors norme : parcourir l’équivalent d’un marathon uniquement en Burpee Broad Jumps, c’est-à-dire enchaîner un burpee avec un saut en longueur vers l’avant.

Son temps annoncé à l’arrivée est de 155 h 44 min 51 sec, soit 6 jours, 11 h 44 min 51 sec pour environ 42,195 km et environ 30 000 répétitions sur la piste du Parkstadion de Baunatal.

Les médias locaux ont annoncé cette performance comme un nouveau record du monde. Elle améliore très nettement la précédente référence de 180 h 36 min, attribuée à l’Australien Norman Eigl.

En quoi consiste exactement le défi ?
Le mouvement utilisé est le Burpee Broad Jump, une des stations du HYROX. Dans sa forme réglementaire HYROX, l’athlète commence par descendre au sol jusqu’à ce que la poitrine touche le sol, se relève puis effectue un saut horizontal vers l’avant. Lors des sauts, les deux pieds doivent décoller et atterrir parallèlement.

Dans un HYROX traditionnel, cette station ne représente que 80 mètres. Ociepka a donc transformé une épreuve déjà éprouvante en un véritable moyen de locomotion sur une distance de marathon. La difficulté ne vient donc pas uniquement du nombre de sauts : chaque répétition implique une succession de flexions, de passages au sol, de poussées, de redressements et de sauts explosifs.

Le départ à Baunatal
Le défi a commencé le 2 septembre 2026 au Parkstadion de Baunatal, ville natale de Kevin Ociepka. La municipalité avait préparé l’événement dans le cadre des 60 ans de Baunatal, avec l’objectif de faire du record une manifestation sportive collective. Le projet initial était d’effectuer environ 30 000 Burpee Broad Jumps et plus d’une centaine de tours de piste.

Ociepka avait choisi de réaliser cette tentative chez lui. Il expliquait que le Parkstadion faisait partie de son environnement sportif habituel et qu’il souhaitait pouvoir compter sur sa famille, ses amis et les habitants de Baunatal autour de lui.

Une idée née d’une première expérience sur 1,6 km
L’idée du marathon en burpees n’est pas apparue spontanément. Lors d’un stage d’entraînement en Crète en 2025, Ociepka avait déjà réalisé un mile, soit environ 1,6 km, en Burpee Broad Jumps. Il considérait alors cette performance comme une sorte de défi personnel et estimait avoir officieusement battu le record existant sur cette distance.

Après avoir découvert la performance de l’Indien Mann Sharma, premier athlète à réaliser un marathon complet en Burpee Broad Jumps, Ociepka s’est convaincu que le défi des 42,195 km était réalisable.

Le précédent record : Mann Sharma puis Norman Eigl
La discipline est extrêmement récente. En octobre 2025, l’Indien Mann Sharma avait réalisé le premier marathon entièrement en Burpee Broad Jumps. Il avait mis environ 197 h 54 min pour parcourir les 42,195 km, soit plus de huit jours. Sa performance avait notamment été ratifiée par le World Book of Records.

La référence a ensuite été abaissée en 2026, avant la tentative d’Ociepka, jusqu’à environ 180 heures. C’est cette marque qu’il avait pour objectif de battre à Baunatal.

Une amélioration de près de 25 heures
Par rapport à la marque de Norman Eigl de 180 h 36 min 05 sec, Ociepka a gagné environ 24 h 51 min 14 sec. Cela représente une amélioration d’environ 13,8 %.

Par rapport au premier record de Mann Sharma, l’amélioration atteint environ 42 heures, soit près de 1 jour et 18 heures de moins.

C’est considérable dans une épreuve où le chronomètre continue de fonctionner pendant les périodes de repos, de repas et de sommeil.

Environ 30 000 burpees pour parcourir le marathon
Le nombre annoncé tourne autour de 30 000 répétitions. Si l’on rapporte les 42,195 km à 30 000 mouvements, cela donne une progression moyenne théorique d’environ 1,41 mètre par Burpee Broad Jump. Cette valeur est évidemment une moyenne : la longueur de chaque saut varie selon la fatigue, la stratégie et le moment de l’épreuve.

À titre purement statistique, 30 000 répétitions réparties sur 155 h 44 min représentent environ 193 répétitions par heure, soit un mouvement toutes les 19 secondes en moyenne sur l’ensemble du chrono. Cette moyenne inclut cependant les périodes de repos et de sommeil : elle ne correspond donc absolument pas à sa cadence lorsqu’il était réellement en mouvement.

Le vrai adversaire : la répétition
C’est probablement le point le plus impressionnant de la performance.

Faire 20 ou 30 Burpees est déjà extrêmement exigeant. Faire plusieurs kilomètres constitue une tout autre échelle. Mais répéter le mouvement pendant presque une semaine transforme complètement la nature de l’épreuve. Chaque répétition sollicite notamment :

  • les quadriceps et les fessiers
  • les mollets
  • les épaules et les bras
  • les pectoraux
  • les muscles du tronc
  • les articulations des genoux, chevilles et hanches
  • le système cardiovasculaire

Le problème n’est donc pas seulement l’intensité d’un mouvement isolé. C’est l’accumulation mécanique de dizaines de milliers de mouvements pratiquement identiques.

Une gestion de l’effort comparable à l’ultra-endurance
Le chrono de 155 heures peut paraître aberrant si on le compare à un marathon classique. Mais Ociepka ne cherchait évidemment pas à réaliser 42 km rapidement. Il s’agissait d’une épreuve d’ultra-endurance fonctionnelle. Il devait gérer simultanément :

  • les périodes d’activité
  • les pauses
  • l’alimentation
  • l’hydratation
  • le sommeil
  • la récupération musculaire
  • les douleurs
  • les éventuelles blessures
  • et surtout la motivation nécessaire pour recommencer le mouvement des milliers de fois

Le chronomètre continuait de tourner pendant ces phases de récupération, ce qui rend la comparaison avec un marathon traditionnel particulièrement trompeuse.

Des conditions particulièrement difficiles
La tentative ne s’est pas déroulée dans des conditions parfaitement confortables. Au fil des jours, Ociepka a rapporté une fatigue musculaire extrêmement importante. Les médias allemands ont notamment évoqué un « muscle soreness » particulièrement violent, ainsi que plusieurs épisodes de fièvre.

Il a également continué malgré la pluie et les mauvaises conditions météorologiques. Cette dimension est importante : après plusieurs jours, la performance n’était plus seulement une question de capacité physique. Elle devenait une épreuve de résistance à la douleur et de capacité à continuer malgré une fatigue considérable.

Un athlète issu du HYROX
Kevin Ociepka n’est pas un marathonien traditionnel. Il s’est tourné vers le HYROX en 2024, après avoir pratiqué notamment la natation et le karaté. Il est aujourd’hui athlète HYROX, physiothérapeute et entraîneur.

Son expérience dans le HYROX est particulièrement pertinente puisque le Burpee Broad Jump est précisément l’une des stations de cette compétition. Ses résultats montrent d’ailleurs qu’il possède déjà un niveau solide dans cette discipline : son profil HYROX répertorie notamment un meilleur temps individuel de 1 h 03 min 49 sec et plusieurs performances en doubles sous l’heure.

Une préparation étonnamment peu spécifique
L’un des aspects les plus étonnants de son projet est qu’Ociepka n’a pas prétendu avoir réalisé une préparation spécifique consistant à accumuler quotidiennement des centaines ou des milliers de burpees. Avant le départ, il expliquait en substance qu’il était difficile de préparer spécifiquement un effort de plus de 30 000 répétitions. Il comptait plutôt sur sa condition physique générale, son expérience du HYROX et sa capacité à maintenir le mouvement à une intensité relativement basse pendant une longue durée.

Il s’entraîne jusqu’à neuf fois par semaine, mais considérait cette tentative comme une sorte de « sidequest » par rapport à son objectif sportif principal : obtenir sa qualification pour les championnats du monde HYROX 2027 à Hong Kong.

Le rôle déterminant du mental
Ociepka avait lui-même insisté avant le départ sur l’importance du mental. Son approche consistait notamment à ne pas considérer les 30 000 répétitions comme un bloc unique impossible à appréhender, mais à découper le défi en périodes quotidiennes d’effort.

Cette stratégie est essentielle dans ce type d’épreuve : le défi n’est plus « faire 30 000 burpees », mais simplement effectuer le prochain mouvement, puis le suivant, puis le suivant. À mesure que la fatigue s’accumule, la capacité à accepter la monotonie devient probablement aussi importante que la condition physique.

Une dimension caritative
Le projet avait également une dimension solidaire. Ociepka a associé sa tentative à une collecte destinée à la Deutsche Kinderkrebsstiftung, la fondation allemande consacrée à la lutte contre le cancer chez l’enfant.

Plus de 5 000 euros auraient été récoltés au cours du projet. Le défi avait donc une double finalité : repousser ses propres limites sportives et utiliser la visibilité du record pour attirer l’attention sur une cause caritative.

Pourquoi ce record est particulièrement original
Ce record se situe à la croisée de plusieurs disciplines. Ce n’est pas vraiment un marathon au sens traditionnel :

  • il n’y a pratiquement aucun travail de course
  • la vitesse moyenne est extrêmement faible
  • le sommeil et les pauses font partie intégrante de l’épreuve

Ce n’est pas non plus simplement un concours de burpees :

  • la distance est imposée
  • le déplacement est permanent
  • la performance se déroule sur plusieurs jours
  • la gestion de la récupération est déterminante

Il s’agit donc davantage d’une épreuve d’ultra-endurance fonctionnelle, dans laquelle un exercice de fitness devient un moyen de déplacement.

Conclusion
Le record de Kevin Ociepka est moins impressionnant par la vitesse que par sa capacité à maintenir un mouvement extrêmement coûteux pendant plusieurs jours.

Le chiffre de 155 h 44 min 51 sec raconte finalement seulement une partie de l’histoire. Derrière ce chrono se trouvent environ 30 000 passages au sol, 30 000 redressements et des milliers de sauts, répétés jour après jour jusqu’à couvrir l’équivalent d’un marathon.

Son exploit marque une évolution très rapide d’une discipline qui n’existait pratiquement pas comme épreuve de référence il y a encore un an : Mann Sharma avait créé la référence en 2025, Norman Eigl l’avait améliorée en 2026, puis Kevin Ociepka vient de la faire descendre à 155 heures.

Source : Marathons.fr
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