Jeux mondiaux des robots humanoïdes 2026 : cinq jours dans une autre dimension
Les robots humanoïdes ont repoussé leurs limites à Pékin ! Du 22 au 26 août 2026, Pékin a accueilli la deuxième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes. Avec 2 056 robots, 666 équipes issues de 16 pays, 51 épreuves et 1 301 compétitions, l’événement a mêlé sport, intelligence artificielle et applications professionnelles, avec notamment des records spectaculaires en athlétisme et des démonstrations consacrées aux capacités des robots dans des situations de la vie réelle.
Une compétition qui dépasse largement le cadre sportif
Présentés comme le premier grand événement international multidimensionnel consacré aux robots humanoïdes, les World Humanoid Robot Games ont été organisés à Pékin par la municipalité de Pékin, China Media Group, la World Robot Cooperation Organization et le conseil d’administration de la RoboCup Asia-Pacific Confederation. L’objectif affiché était de faire progresser les capacités motrices, l’intelligence collaborative et les applications des robots humanoïdes dans des environnements proches du monde réel.
Une édition deux fois plus importante que la première
Après une première édition organisée en 2025 avec 26 épreuves, la compétition a considérablement changé d’échelle en 2026. Le nombre d’épreuves est passé à 51, réparties entre 30 compétitions sportives et 21 épreuves de mise en situation, tandis que le nombre de rencontres programmées a atteint 1 301. La compétition principale s’est déroulée sur cinq jours, contre trois jours pour la première édition.
2 056 robots et 666 équipes au rendez-vous
L’édition 2026 a réuni 666 équipes et 2 056 robots représentant 16 pays et les six continents. La participation chinoise était largement majoritaire, avec 641 équipes issues de 157 entreprises, de 200 établissements universitaires et de recherche, représentant 1 975 robots. Des équipes venues notamment des États-Unis, d’Allemagne et du Japon ont également participé, tandis que le Brésil a constitué une sélection réunissant cinq équipes issues de la Coupe du monde de football robotique.
Du 16 au 26 août, dix jours de robotique à Pékin
Si la cérémonie d’ouverture et la majorité des épreuves sportives ont débuté le 22 août au National Speed Skating Oval, certaines épreuves de mise en situation avaient commencé dès le 16 août. Les robots ont ainsi été confrontés à des tâches dans des bibliothèques, des hôtels, des environnements domestiques ou encore dans le domaine des secours, avant que le programme sportif principal ne prenne possession du « Ice Ribbon ».
Le « Ice Ribbon » transformé en stade pour robots
Le National Speed Skating Oval, construit pour les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 et surnommé « Ice Ribbon », a servi de cadre principal à cette deuxième édition. Pendant cinq jours, l’enceinte a accueilli des compétitions d’athlétisme, de football, de danse, d’arts martiaux, de gymnastique, mais aussi de nouvelles disciplines comme le tennis de table, le saut en longueur, l’haltérophilie et le tir à la corde.
Le 22 août, les robots entrent officiellement en compétition
La cérémonie d’ouverture du 22 août a donné le coup d’envoi de la compétition principale. Des démonstrations collectives ont notamment mis en avant la capacité de plusieurs robots à se déplacer en formation et à modifier leur trajectoire de manière coordonnée. La soirée comprenait également une rencontre de football à sept ainsi que les premières épreuves de 100 et 400 mètres.
Le 100 mètres devient immédiatement l’attraction majeure
Dès les premières courses, les performances des robots humanoïdes ont attiré l’attention. Lors des premières épreuves, le robot Tiangong Ultra a réalisé 9,39 secondes sur 100 mètres, un chrono inférieur au record du monde humain de 9,58 secondes établi par Usain Bolt en 2009. Cette comparaison reste toutefois à considérer comme une confrontation symbolique entre deux catégories de compétiteurs différentes.
Le 23 août, les records continuent de tomber
La deuxième journée a confirmé l’importance prise par les épreuves d’athlétisme. Le 400 mètres grandes catégories a notamment vu Tiangong Ultra s’imposer en 38,15 secondes, devant deux autres robots en 39,45 et 39,66 secondes. Ces trois performances ont été annoncées comme supérieures au record du monde humain du 400 mètres, établi à 43,03 secondes par Wayde van Niekerk.
Le football teste une autre forme d’intelligence
Les robots n’ont pas seulement été évalués sur leur vitesse. Le football a constitué l’une des disciplines majeures du programme, avec des formats collectifs destinés à mesurer la capacité des machines à se déplacer, contrôler le ballon et coopérer. Certaines compétitions ont été organisées sans télécommande humaine, afin d’évaluer directement leurs capacités de perception, de décision et d’action autonome.
Le 24 août, l’haltérophilie entre en scène
L’haltérophilie a fait partie des nouveautés de cette deuxième édition. Cette discipline a apporté une difficulté différente des épreuves de course : le robot devait non seulement produire suffisamment de force, mais également conserver son équilibre pendant la manipulation d’une charge. L’épreuve a ainsi illustré les difficultés encore rencontrées par les robots humanoïdes lorsqu’ils doivent combiner déplacement, stabilité et effort physique.
Les obstacles mettent à l’épreuve l’équilibre
Le 400 mètres haies et obstacles a également constitué un test particulièrement exigeant. Contrairement à une course sur une surface parfaitement régulière, le robot doit anticiper les obstacles, adapter sa foulée et conserver son équilibre après chaque franchissement. L’organisation avait d’ailleurs présenté cette épreuve comme une évolution par rapport au 100 mètres obstacles de la première édition.
Les robots apprennent aussi à travailler
L’autre grande particularité de l’édition 2026 résidait dans les 21 épreuves de mise en situation. Les organisateurs ont voulu sortir du cadre du laboratoire pour confronter les robots à des tâches inspirées de situations professionnelles ou domestiques : assemblage industriel, restauration, commerce, services administratifs, hôtellerie, entretien domestique, gestion de bibliothèque, secours ou encore recharge de véhicules électriques.
La bibliothèque devient un véritable terrain d’essai
Une épreuve organisée dans une bibliothèque a notamment demandé aux robots de récupérer, transporter et ranger des ouvrages. Trente-cinq équipes ont participé à cette compétition, organisée pour la première fois dans le cadre des Jeux. Les tâches combinaient reconnaissance visuelle, manipulation précise et déplacement dans un environnement réel.
Les situations réelles prennent le dessus
Les épreuves extérieures ont été organisées dans différents environnements de Pékin, notamment pour tester les robots dans les domaines des secours, de l’hôtellerie, de la gestion documentaire et des services domestiques. Cette orientation constitue l’un des changements majeurs de l’édition 2026 : il ne s’agissait plus seulement de démontrer qu’un robot pouvait marcher ou courir, mais de vérifier s’il pouvait accomplir une succession de tâches dans un environnement moins prévisible.
La précision des mains devient une compétition à part entière
Une nouvelle compétition consacrée aux mains robotisées a également été introduite. Les machines ont notamment été confrontées à des manipulations nécessitant précision et coordination, comme le dosage de poudre, la préhension de petits objets avec une pince ou encore l’ouverture et le décapsulage de différents objets. Ces exercices ont déplacé le centre de gravité de la compétition, de la locomotion vers la capacité à manipuler le monde physique.
Le 25 août, le record du 100 mètres tombe encore
Le 25 août, Tiangong Ultra a une nouvelle fois amélioré la meilleure performance enregistrée dans la compétition. Le robot du Beijing Humanoid Robot Innovation Center a couru le 100 mètres en 8,86 secondes lors des demi-finales du groupe des grandes tailles, effaçant son précédent chrono de 9,39 secondes. Une nouvelle confrontation finale était alors attendue pour le dernier jour.
Danse, arts martiaux et tennis de table complètent le programme
La compétition a également voulu montrer que les robots humanoïdes ne se limitent plus aux déplacements. La danse a été développée autour de plusieurs disciplines, dont le street dance, la danse sportive et les performances collectives. Les arts martiaux, de leur côté, ont été intégrés aux compétitions sportives après avoir été présentés comme une épreuve de démonstration lors de la première édition. Le tennis de table a également permis de tester les capacités de perception et de réaction dans un échange dynamique.
Le 26 août, dernière journée et ultime duel sur 100 mètres
Le 26 août a constitué la dernière journée de compétition, avec 13 épreuves au programme avant la cérémonie de clôture. Parmi les rendez-vous les plus attendus figurait la finale du 100 mètres grandes tailles, ainsi que les dernières finales de football et de sports de combat.
8,64 secondes pour conclure une semaine de records
Le dernier grand épisode du sprint a apporté un nouveau record. Le 26 août, l’équipe Tianjiao a remporté le 100 mètres grandes tailles en 8,64 secondes, améliorant encore la marque de 8,86 secondes réalisée la veille. Les deux robots utilisant la plateforme Tiangong Ultra ont occupé les deux premières places, le deuxième terminant à seulement un centième de seconde du vainqueur.
Une compétition qui mesure autant les progrès que les limites
Derrière les records et les démonstrations spectaculaires, les Jeux ont également exposé les difficultés encore présentes dans la robotique humanoïde. Les chutes, les problèmes d’équilibre, les difficultés de freinage et certaines interventions humaines observées pendant les épreuves rappellent que courir vite ne signifie pas encore être capable de fonctionner de manière fiable dans toutes les situations.
De la performance sportive à l’application industrielle
L’ambition affichée par les organisateurs dépasse donc largement la création d’une sorte de « Jeux olympiques » pour robots. Les différentes épreuves constituent aussi des tests comparatifs de vitesse, de stabilité, de précision, de coordination et d’autonomie. Les organisateurs présentent ainsi les Jeux comme un moyen de favoriser la recherche, l’innovation et l’intégration progressive des robots humanoïdes dans la production et les services.
Les robots ont désormais leurs propres Jeux
En cinq jours de compétition principale, auxquels se sont ajoutées les premières épreuves de scénarios organisées dès le 16 août, les World Humanoid Robot Games 2026 ont changé de dimension. Avec 2 056 robots, 666 équipes, 16 pays, 51 épreuves et 1 301 compétitions, Pékin a offert une vitrine spectaculaire aux progrès de la robotique humanoïde. Les records du 100 mètres, dont le dernier établi en 8,64 secondes, resteront les images les plus marquantes de cette édition, mais les épreuves de travail, de précision et d’autonomie auront peut-être une portée plus importante encore pour l’avenir de ces machines.
Un rendez-vous appelé à prendre de l’ampleur
Après une première édition en 2025 et une deuxième édition considérablement élargie en 2026, les Jeux mondiaux des robots humanoïdes s’imposent comme un rendez-vous original à la frontière entre sport, technologie et industrie. Le véritable enjeu n’est désormais plus seulement de savoir si un robot peut courir plus vite qu’un humain, mais jusqu’où il pourra apprendre à se déplacer, comprendre son environnement, manipuler des objets et accomplir de manière autonome les tâches qui lui sont confiées.
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