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Courir un marathon : Un risque temporaire pour le coeur

Publié le mercredi 28 août 2013 à 07h59min

Les coureurs moins bien préparés en vue d’un marathon subissent des dommages plus importants au cœur lors d’une course d’endurance, ont démontré des chercheurs de l’Université Laval. Les dommages ne sont pas permanents, mais durant l’effort, ils augmentent le risque d’être victime d’un malaise, voire d’une mort subite.

Les conclusions de cette étude menée à Québec ont été publiées dans le Journal canadien de cardiologie, le 1er août. « On sait que l’exercice est très, très bon. On vit plus longtemps, on est en meilleure santé. Mais au moment où l’on participe à un exercice, on est temporairement plus à risque », résume le Dr Éric Larose, cosignataire de l’étude réalisée par l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. « C’est un paradoxe qui a toujours troublé les gens ».

Inflammation du myocarde

Les chercheurs ont sélectionné 20 coureurs amateurs (et non pas des athlètes d’élite) et leur ont fait passer une batterie de tests à différents moments : au pic de l’entraînement, tout de suite après le Marathon des Deux Rives de 2008 et trois mois après la course. Après le marathon, les coureurs qui avaient obtenu les moins bons résultats au test d’endurance VO2 max présentaient une inflammation plus importante du myocarde, le tissu musculaire du cœur. « L’inflammation est un signe universel du corps à une blessure et un mécanisme de guérison », explique Mr Larose. « Les marathoniens qui sont mieux préparés, ceux qui font un entraînement sur une plus grande distance, ont moins de dommages au cœur au cours d’un marathon ».

Chez certains coureurs, l’inflammation était quasi inexistante. Dans tous les cas cependant, les dommages s’étaient entièrement résorbés trois mois après avoir couru le Marathon des Deux Rives. Le risque réel est donc durant la course. Et selon les chercheurs, il est permis de croire que l’inflammation est la cause d’un dysfonctionnement cardiaque, appelé l’arythmie. « On pense que c’est un mécanisme qui est responsable des décès », affirme le Dr Larose. L’étude présentée ne permet pas de répondre clairement à cette hypothèse, mais il s’agit d’une percée dans le milieu sportif, toutes catégories de disciplines confondues. « C’est la première fois que la présence d’une telle inflammation est prouvée ».

Pour trancher si cette blessure ponctuelle du cœur est responsable des décès survenus lors de courses d’endurance, il aurait fallu, ironiquement, qu’il y ait un cas de décès parmi l’échantillon de l’étude. Un décès était toutefois survenu cette année-là. Daniel Porter, un Ontarien de 51 ans, avait rendu l’âme à trois kilomètres de l’arrivée. Mr Larose et l’équipe de chercheurs aimeraient bien poursuivre les travaux. Grâce à de nouvelles recherches, il aimerait notamment déterminer quel est l’entraînement minimum requis pour un coureur avant d’être officiellement prêt à entreprendre un marathon. Une donnée toujours inconnue qui demanderait beaucoup de travail. « Il faudrait sonder par catégorie d’âge, par sexe. Les hommes ne réagissent pas comme les femmes. L’âge est aussi un facteur. Il faudrait un échantillon beaucoup plus vaste », a-t-il soutenu.

La mort en direct

Éric Larose est lui-même un coureur assidu. En 1999, au Marathon des Deux Rives, il a été témoin de la mort d’un homme de 24 ans, au fil d’arrivée. La victime était à 120 mètres de terminer son marathon lorsque le sort l’a frappé. « Je courais le marathon et j’ai fini 15 minutes après le décès du coureur », a dit Mr Larose. « Il y avait un silence complet, les gens étaient sous le choc d’avoir vu le coureur s’effondrer. C’était le paradoxe total parce qu’un fil d’arrivée, c’est habituellement la fête ». Cet événement est demeuré dans l’esprit d’Éric Larose, qui était alors étudiant en médecine. Aujourd’hui cardiologue, il en a fait un objet de recherche. « Ça m’a marqué au point de vouloir comprendre et prévenir ».

* Article publié par David Rémillard


Voir en ligne : La Presse.ca



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