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Mahiedine Mekhissi-Benabbad : Histoire d’une médaille surprise

D 19 août 2008     H 19:40     C 0 messages


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On a d’abord cru à une énorme blague. Il s’en est fallu de quinze centièmes de seconde qu’un Français de 23 ans, Mahiedine Mekhissi-Benabbad, mette un terme, lundi 18 août, à Pékin, à un quart de siècle d’hégémonie kényane sur le 3000 m steeple. Un athlète dont les principales références, à ce jour, étaient un titre de champion d’Europe des moins de 23 ans, en 2007, et une victoire au meeting de Monaco, en juillet.




A la lutte pendant le dernier tour avec les coureurs kényans, cet athlète rémois a été devancé d’un souffle par Brimin Kipruto, vice-champion olympique quatre années auparavant. Cette première médaille en athlétisme a été accueillie avec scepticisme par plusieurs athlètes et cadres de la délégation française. "Un certain nombre de gens sont troublés par les zones d’ombre de son parcours", reconnaît Jean-François Pontier, ancien responsable fédéral du demi-fond.

Depuis 2007, le demi-fond français est miné par les affaires de dopage et une suspicion généralisée. "On a fait tomber huit athlètes en deux ans, on ne peut pas soupçonner le dispositif mis en place d’être laxiste, s’insurge Franck Chevallier, le directeur technique national de l’athlétisme. On sait en permanence où se trouve Mahiedine, il ne se cache pas, il a un suivi longitudinal en règle." Le parcours de Mahiedine Mekhissi-Benabbad est indissociable de celui de Zouhir Foughali, son entraîneur, éducateur de profession. "On dit souvent de nous que nous sommes comme grand frère et petit frère, raconte ce dernier. J’ai rencontré Mahiedine quand il était en CM1, dans l’école où je travaillais. Puis il est venu à l’école d’athlétisme, et j’ai commencé à l’entraîner chez les cadets." Ancien coureur de 1500 m, entraîneur bénévole et sans diplôme, Zouhir Foughali a pris sous son aile le futur vice-champion olympique, qui l’a suivi à Compiègne quand il s’est brouillé avec les dirigeants de l’EFS Reims. "C’est un entraîneur qui aime faire les choses seul, et j’ai tout fait pour le faire partir", reconnaît Gilbert Marcy, le président du club rémois. Le dirigeant se dit cependant certain que son athlète – qui est revenu au club de ses débuts en 2007, mais ne s’entraîne pas sur ses installations – est "un garçon propre".

PROBLEMES RELATIONNELS

"J’entends sans cesse parler de soupçons de dopage, mais on ne peut pas parler sans preuve", s’indigne Zouhir Foughali. La collaboration entre ce dernier et Mahiedine Mekhissi-Benabbad a repris en janvier 2008, après une interruption due au départ de l’athlète pour l’Institut national du sport et de l’éducation physique (Insep), à Paris. Le vice-champion olympique affirme avoir quitté l’Insep pour se rapprocher de sa famille, la Fédération évoque des échecs dans ses études et son président de club des problèmes relationnels avec son entraîneur, Bruno Gajer. Ce dernier a refusé de commenter la performance de son ancien élève, affirmant préférer ne pas y être associé. "A l’Insep, Mahiedine était dans un cadre structuré, il a préféré en sortir, ça peut paraître surprenant", reconnaît Jean-François Pontier. "Il a du mal à rentrer dans le moule", justifie Gilbert Marcy.

"Il n’y a que Zouhir Foughali qui me connaît et qui peut m’entraîner, a déclaré l’athlète. Il n’y a que lui, mon manageur et mon entourage qui croyaient en moi." Le jeune homme avait été éliminé dès le premier tour des championnats du monde 2007, avant qu’une mystérieuse blessure (une tâche sous le genou, selon son entraîneur) l’empêche de s’entraîner pendant quatre mois, cet hiver.

Mahiedine Mekhissi-Benabbad a bénéficié, à Pékin, du rythme relativement lent de la course, qui lui a permis de faire parler ses qualités de finisseur, améliorant son record personnel de près de quatre secondes. "Les Kényans ont commis l’erreur de ne pas emmener la course", analyse Franck Chevallier. Recevable, l’explication reste insuffisante pour dissiper le malaise qui nimbait la piste olympique, lundi.


Voir en ligne : Le Monde

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