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Technologies olympiques : Les accessoires de la victoire

Publié le mercredi 13 août 2008 à 19h44min

Pour grappiller les derniers centièmes de seconde qui feront la différence, les ingénieurs des équipementiers transpirent autant que les athlètes.

La scène se passe sur une piste d’athlétisme de l’Oregon, en 2005. Le coureur américain du 400 mètres Michael Johnson teste le nouveau prototype de chaussures créé par Nike : la Flywire. Il les pousse dans leurs dernières limites, ce qui les fait littéralement tomber en pièces. « Les chaussures ont explosé sur leur devant, comme un ballon, raconte Sean McDowell, directeur du secteur de fournitures olympiques de Nike.
Mais Michael a parlé des plus incroyables 300 mètres qu’il avait jamais courus, comme si des crampons lui avaient naturellement poussés sous les pieds. » Les chaussures étaient en miettes, et McDowell aux anges, car ce test a permis aux chercheurs de Nike de trouver une échappatoire aux lois universelles de la technologie sportive. Celles qui disent qu’on peut concevoir un équipement infiniment léger ou infiniment résistant, mais jamais les deux. Il y a l’acier et les plumes, mais on ne peut pas construire l’un à partir de l’autre. Sauf dans ce cas.

 Chaussure digitales.
Jusqu’à ce jour, la paire de chaussures de course la plus légère jamais fabriquée – des Nike à crampons dorés conçues pour Michael Johnson – pesait 112 grammes. Aujourd’hui encore, ce modèle est considéré comme une petite merveille technologique, juste assez résistante pour permettre à l’athlète de terminer sa course. La Flywire , le prototype qui s’est désintégré sur la piste en Oregon, ne pèse, elle, que 67 grammes, 41% de moins !
Ce modèle, qui fera ses débuts à l’occasion des Jeux de Pékin, utilise un exosquelette de filaments high-tech – près de 2 mètres, fixés à du tissu hyper-fin – pour créer la forme et la structure de la chaussure (imaginez une sandale romaine de l’ère spatiale). Plus qu’un poids plume, la Flywire est également simple, rapide et peu chère à produire. Surtout, sa conception est totalement nouvelle : le designer n’est pas parti d’un pied mais d’une idée, modélisée ensuite dans les circuits d’un ordinateur avant de prendre forme en trois dimensions. « De nouvelles frontières s’ouvrent à nous, note Jay Meschter, responsable du développement de la Flywire. Les coutures analogiques ont disparu. Voici les chaussures fabriquées de manière digitale. »

Nike n’est pas le seul à scander cet « eurêka ! » olympique. Adidas, Mizuno, Speedo et beaucoup d’autres ont travaillé frénétiquement à la récriture des lois de la technologie sportive. Et ce mois d’août, outre le fait d’avoir gagné quelques centièmes de seconde, tous auront accompli un autre exploit incroyable : raccourcir de manière radicale le délai entre la réalisation d’un nouveau concept olympique et sa commercialisation. En effet, bon nombre de ces équipements révolutionnaires seront en vente quelques semaines à peine après la cérémonie d’ouverture.

Ne vous y trompez pas, ce n’est pas que du marketing : chacun des chefs-d’œuvre technologiques présentés dans ces pages est une prouesse technique, qui va donner à son possesseur un réel avantage durant la compétition. Des améliorations qui demandent des années de travail, d’énormes investissements, qui se chiffrent parfois en millions de francs.

 Adidas tente l’asymétrie.
Prenons Adidas. Dès 2006, le géant allemand était au travail pour créer un nouveau type de crampons destinés à sa star texane, le médaillé d’or sur 400 mètres Jeremy Wariner. Après avoir visionné plusieurs heures de mouvements exécutés au ralenti, l’équipementier a décidé de remplacer ses crampons Pookie, ceux-là mêmes qui avaient permis à Wariner de s’imposer à Athènes deux ans plus tôt et dans presque toutes les courses disputées depuis.

Sa nouvelle chaussure présente une caractéristique peu orthodoxe : elle gîte vers bâbord. « La plupart des courses de mi-distance se jouent dans les tournants », observe Mic Lussier, le Franco-Canadien responsable de l’équipe d’innovation chez Adidas (aIT) qui a développé ce nouveau modèle. Et les coureurs ne tournent jamais, absolument jamais à droite. Les cinquante ingénieurs en biomécanique, designers industriels et experts en électromécanique de l’équipe de Lussier ont donc choisi de concevoir des crampons asymétriques pour Wariner. Ces chaussures biaisées s’appuient sur des plaques de carbone ultraléger, faites de microscopiques nanotubes vingt fois plus résistants que l’acier. Ainsi, elles peuvent « rediriger la ligne de force générée par l’extérieur de son pied droit, comme l’explique Lussier. En d’autres termes, la nouvelle chaussure droite de Wariner le fera accélérer sur sa gauche. » Une idée inspirée des suspensions asymétriques développées pour les voitures des courses de Nascar.

 Speedo aligne les records.
L’image de marque de Speedo émerge véritablement en 1972, lorsque le moustachu Mark Spitz remporte sept médailles d’or dans son slip de nylon-élasthanne orné du drapeau américain. La marque anglaise refait aujourd’hui la une des médias, grâce à son nouveau modèle LZR – prononcez « laser » – (voir en page 12). Un maillot recouvrant l’entier du corps du nageur, bien éloigné des slips de bain qui ont longtemps allié la marque à l’image d’Allemands dodus et pâlichons bronzant sur les plages de la Côte d’Azur. Lancé en février, ce nouveau maillot permet un tel gain de rapidité qu’il a donné lieu à des examens minutieux de la part des instances de contrôle, à une controverse internationale et même à la défection de certains sponsors.

La controverse tient à la manière dont Speedo a contourné la FINA, la fédération internationale régissant les équipements des nageurs. Celle-ci défend en effet les costumes créant la flottabilité. Aucun ne doit soulever un nageur ou lui offrir une bulle d’air. Mais, avec le LZR, le nageur ne se soulève pas. Il s’appuie. Quand le règlement insiste sur le fait de devoir choisir entre un maillot rendant plus fort ou plus léger, Speedo offre les deux, en rendant les nageurs plus « légers » grâce à un costume plus « fort ». Une prouesse rendue possible grâce à une gaine noire inspirée des travaux de la NASA, qui comprime le corps septante fois plus que le nylon-élasthanne standard. Le maillot ne rend pas seulement le nageur plus petit, mais également plus lisse. Speedo a donc trouvé un matériau permettant de remodeler les athlètes, afin de leur donner la forme hydrodynamique idéale.

Quand le LZR a fait son apparition, lors des championnats du monde de Manchester en avril, le monde des nageurs a changé. L’équipement proposé par Speedo s’est clairement imposé comme plus rapide que celui de ses concurrents, tels TYR, Adidas, Mizuno ou Nike. Des rumeurs font alors état d’athlètes rompant avec leur sponsor au bord du bassin pour se glisser dans un LZR. L’entraîneur italien Alberto Castagnetti estime que l’utilisation équivaut à un « dopage technologique ». Le nageur allemand Thomas Rupprath va jusqu’à suggérer l’apostasie : que sa fédération troque Adidas contre Speedo. « Autrement, nous coulerons complètement dans la médiocrité. » Le succès est là pour Speedo, dans les bassins comme dans les esprits.


Voir en ligne : L’Hebdo

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