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L’aventure d’un chercheur rémois

D 19 septembre 2005     H 20:23     C 0 messages


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Du maillot de Manaudou aux baskets futées, l’aventure d’un chercheur rémois. Déjà réputé pour avoir conçu les combinaisons des nageurs Alexander Popov et Laure Manaudou, Redha Taïar, chercheur à l’université de Reims, travaille à la conception de baskets "intelligentes", illustrant le nouvel élan du monde universitaire vers le milieu industriel.




Ancien nageur de haut niveau, ce jeune maître de conférences (37 ans) à l’UFR Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) s’est taillé, en quelques années, une solide réputation dans un domaine pointu : l’analyse des contraintes mécaniques et son application au milieu sportif. Dès 1997, il est repéré par la marque de maillots Arena, qui l’engage comme responsable de la recherche et lui demande de travailler sur une combinaison permettant aux nageurs d’être plus rapides. "Au départ je les ai pris à la rigolade, je leur ai dit qu’ils ne gagneraient pas grand’chose", se souvient-il, avec un sourire. Sept ans plus tard, Laure Manaudou rafle trois médailles aux jeux olympiques d’Athènes avec une combinaison créée par le chercheur rémois, et soudain c’est la consécration. "Je suis passé à la télévision italienne, espagnole, américaine, j’ai donné beaucoup d’interviews aux journaux, aux radios", raconte Mr Taïar, qui vient de renouveler son contrat avec Arena jusqu’aux championnats du monde de 2007.

"Cela nous a donné une certaine renommée", confie aussi Thierry Letellier, directeur de l’UFR Staps. Ce dernier voit, dans cette collaboration avec le monde de l’industrie, le signe que les temps changent : "Avant les entreprises ne faisaient pas trop confiance à l’université, maintenant de nouveaux partenariats se mettent en place", explique-t-il, citant un contrat de recherche qui les lie à la SNCF. Si la marque de maillots a dopé ses ventes après l’épisode Manaudou, l’universitaire, lui, n’a reçu "aucun centime dans la poche" mais ne semble guère s’en soucier : "C’est plus le plaisir de la recherche qui m’intéresse". Nouveau plaisir, donc, avec cette chaussure de sport "intelligente" sur laquelle il travaille depuis un an : "Cette chaussure, on va l’équiper comme une Formule 1, avec un système électronique embarqué sous le pied qui récupère toutes les informations de l’athlète pendant son mouvement".

Pour préparer son prototype, le chercheur vient de faire installer, dans un laboratoire de l’université, un système très rare en France, baptisé Vicon, utilisé surtout dans le monde du cinéma et de l’animation. Le principe est simple : l’athlète, équipé d’une cinquantaine de marqueurs sur tout le corps, est scruté par six caméras infra-rouge qui analysent ses mouvements et les décomposent. Puis le résultat est modélisé sur ordinateur, ce qui permet d’y déceler d’éventuels problèmes de posture et de les corriger. Idéalement, la chaussure que prépare Redha Taïar devrait concentrer cette technologie. Cette fois-ci, l’universitaire pourrait bien se faire entrepreneur : "On va déposer un brevet dans les prochains mois, et ensuite, soit on le vend à une grande marque de sport, soit on part sur une nouvelle marque", explique-t-il.
Pour l’heure, son cerveau fourmille encore de mille idées de ce genre, par exemple un système qui connecterait les chaussures à une télévision, pour permettre à l’athlète de se voir ou, au contraire, pour empêcher l’enfant en surpoids de regarder le petit écran tant qu’il n’aurait pas fait assez d’exercice. "C’est un sujet très vaste, la mécanique humaine, alors je n’ai pas de limites", assure-t-il.

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